De la mise en commun des droits fonciers à la gestion moderne des écosystèmes : récit d'un engagement civique enraciné en terre ariégeoise.
Au lendemain de l'adoption de la Loi Verdeille du 10 juillet 1964, les propriétaires terriens et les habitants de la commune de Bénac ont fait le choix pionnier de rassembler leurs parcelles pour créer un territoire cynégétique unifié et cohérent.
Avant cette démarche collective, le morcellement excessif des propriétés privées rendait impossible toute régulation méthodique du gibier et favorisait le développement d'un braconnage anarchique, source de tensions permanentes et d'insécurité dans les bois et bocages.
En confiant statutairement la gestion de leur droit de chasse à une association communale agréée, les propriétaires ont permis l'instauration d'une règle démocratique : tout résident de la commune, quel que soit son statut patrimonial, peut accéder à la nature selon des règles de sécurité et de prélèvement transparentes et équitables.
Au fil des décennies, le paysage de Bénac a profondément évolué. La déprise pastorale sur les versants pentus a entraîné un embroussaillement spontané et l'extension des massifs de feuillus et résineux. Parallèlement, l'agriculture s'est concentrée sur les fonds de vallons fertiles avec des cultures plus vulnérables au grand gibier.
Face à ces mutations écologiques et sociologiques, l'ACCA de Bénac a su faire évoluer ses pratiques traditionnelles vers une véritable ingénierie de gestion de la faune sauvage :
« L'ACCA n'a jamais été seulement une société de chasseurs ; c'est le poumon de la vie villageoise en hiver. Quand la neige isole les hameaux d'altitude, ce sont nos adhérents en véhicules tout-terrain qui vérifient l'état des chemins communaux et apportent leur aide aux anciens. »
Cette solidarité de terrain constitue l'ADN inaltérable de notre engagement. En préservant les sentiers historiques de transhumance et en maintenant la convivialité rurale, l'ACCA perpétue un patrimoine immatériel précieux pour les générations futures.